(brouillon) L’IMPACT DE L'AGRICULTURE INTENSIVE SUR LA QUALITE DU SOL

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(brouillon) L’IMPACT DE L'AGRICULTURE INTENSIVE SUR LA QUALITE DU SOL

Message  InésS1 le Lun 27 Mar 2017 - 22:07

L’IMPACT DE L'AGRICULTURE INTENSIVE SUR LA QUALITE DU SOL

Mots clés : agriculture intensive* ; labour ; engrais ; pesticides

(* : se référer au lexique)




« Notre terre est demeurée, par rapport à celle d’avant, comme le squelette d’un corps décharné par la maladie. Les parties molles et grasses de la terre ont coulé tout autour, et il ne reste plus que la carcasse nue de la région » - Platon, 400 av JC

En Europe, environ 90% de l’activité biologique des sols cultivés a été détruite par l’agriculture intensive* (d'après l'ingénieur agronome Claude Bourguignon). Or, sur trente centimètres d'épaisseur, le sol concentre 80 % des êtres vivants de la planète. Les vers de terre, à eux seuls, pèsent plus lourd que tous les autres animaux du monde réunis. Ces chiffres très alarmants nous mènent à nous demander comment l'agriculture intensive s'y prend-elle pour avoir un impact aussi négatif sur le sol.

L'agriculture intensive s'accompagne d'une surexploitation du sol. Ce dernier n'est pas une masse inerte et morte, comme le semble le croire les agriculteurs pratiquant l'agriculture intensive, mais il contient une grande diversité. Cette biodiversité, composée d'une microfaune et d'une microflore édaphique (les champignons de la terre). Parmi cette biodiversité se trouvent des espèces ingénieures, tel que les vers de terre ou les champignons qui stabilisent naturellement le sol, aident à la cohésion, et participent au développement des plantes. Pour permettre une bonne qualité du sol, il y a différents aspects de ce sol à respecter: l'aspect biologique, l'aspect physique et l'aspect chimique. Ce sol, support vivant de la vie terrestre, est donc dégradé par l'agriculture intensive, notamment à cause de l'utilisation excessive du labour et de produits chimiques.

La structure du sol




Un impact négatif du labour sur le sol

Le labour qui est une technique de travail du sol, consiste à ouvrir les terres de la couche arable* et à la retourner avant de l’ensemencer. Le labour est une technique qui présente des avantages pour le contrôle des mauvaises herbes, pour le semis et autres. Mais un travail excessif et fréquent du sol peut dégrader la structure des sols en provoquant son tassement. Ce tassement est souvent accompagné d’une semelle de labour, qui est une couche compacte du sol située à la base du labour. Cette semelle de labour limite le drainage de l’eau* et le passage de l’air ce qui induit une forte diminution de la porosité naturelle du sol* et sature le sol en eau. Cette diminution de porosité est ainsi une forme courante et grave de la dégradation des sols. D'après le journaliste Paul Molga, les sols utilisés par l'homme perdent de leur porosité souvent sur 10 à 50 cm. Le labour a donc une conséquence négative sur la qualité physique des sols.


Effets de l'érosion des sols sur un sol cultivé en Europe






Aussi, l'agriculture intensive appauvrit les sols et cause une perte majeure de matière organique. La matière organique est un élément indispensable pour un bon fonctionnement du sol. Elle joue un rôle très important en servant par exemple d'élément nutritif à la biodiversité du sol. La perte de matière organique causée par le labour, perturbe donc cette biodiversité, et en particulier les espèces ingénieurs*.

Les espèces ingénieurs, comme par exemple les vers de terre ou les champignons, sont un des facteurs clés de la qualité des sols, ces espèces stabilisent naturellement le sol et aident à sa cohésion. Par exemple, la perte en champignons utiles, due au labour excessif, provoque une acidification du sol. Ou alors, nous pouvons aussi citer la perte de vers de terre qui entraîne une perte d’aération du sol que les vers de terre en partie créaient grâce à leurs déplacements verticaux dans la terre. Le labour a donc aussi une conséquence sur le caractère biologique du sol, ce qui entraîne une conséquence sur le caractère physique du sol.


La biodiversité des sols







Mais le labour a aussi des conséquences indirectes sur le sol. L’humus est créé par la décomposition de la matière organique et par l’action des organismes du sol (animaux, champignons, bactéries). Le labour causant une perte de ces deux facteurs empêche donc la formation de l’humus, qui absorbe l’eau et qui aide au développement des plantes. Sa disparition aggrave donc la saturation du sol en eau créé par la semelle de labour. Et la perte d’humus expose aussi le sol à l’érosion*.

A cause de l'agriculture intensive, les sols sensibles à l’érosion s’érodent d’un millimètre par an, or un sol a besoin de dix ans pour reconstruire cette épaisseur minime. De plus en France, 60 % des sols sont touchées par l’érosion. D'après Claude Bourguignon, dans trois siècles la France ressemblera au Sahara. Le labour a donc un impact négatif sur la qualité physique des sols à travers la perte de matière organique et de biodiversité.

Le labour n'a donc pas seulement des conséquences directes mais aussi des conséquences indirectes qui impactent les caractères biologique et physique du sol. Le labour cause des pertes de sol qui atteignent couramment plus de 10 tonnes par an et par hectare en zone tempérée et jusqu'à plusieurs centaines en zone tropicale.

Des conséquences aggravées par l'utilisation de pesticides

Les pesticides, destinés à lutter contre les êtres vivants nuisibles aux cultures (herbicides, insecticides, fongicide, …), sont des substances chimiques maîtrisant la biodiversité présente dans les cultures. Lors d'un traitement, plus de 90% de la substance n'atteint pas le ravageur visé et une grande quantité atterrit dans les sols directement ou via la pluie après son évaporation dans l'air.


Schéma de la contamination de l’environnement par les pesticides






Comme visible sur le schéma, les pesticides s’infiltrent dans le sol. Les pesticides détruisent la matière organique présente dans le sol qui sert d’alimentation à la microfaune, aux champignons et aux bactéries de la terre. Les pesticides ont donc une action néfaste sur l’état biologique du sol. Comme avec le labour, aux conséquences biologiques se rajoutent les conséquences physiques causées par la disparition de la biodiversité, et notamment des espèces-ingénieurs : diminution de l’humus et perte de cohésion, de stabilité, d’aération dans le sol. De plus, la pollution due à la contamination des sols par les pesticides tue directement la biodiversité du sol ajoutant aux conséquences biologiques et physiques venant d'être énoncées.

Nous pouvons observer que lorsqu’une composante du sol est touchée, cela a un impact direct sur le reste des composantes du sol. Le sol est un système vivant et complexe qui repose sur un équilibre fragile. L'action de l'agriculture casse cet équilibre. En France, 40 tonnes de terres arables par hectare est perdue en grande partie à cause de pesticides.

Des apports artificiels qui ne compensent pas et même aggravent les impacts négatifs du labour et des pesticides sur le sol

Une grande partie du problème causé par le labour et les pesticides est la perte importante de matière organique En Europe, le taux de matière organique du sol est passé de 4 % à 1,4 % en cinquante ans. Cette perte a de plus des répercussions importantes sur l'état physique et l'état biologique du sol. Cela aura donc des impacts négatifs sur la fertilité du sol, c’est-à-dire son aptitude d'un sol à produire dans les conditions actuelles de culture. Pour combler cette perte, les agriculteurs font appel à des apports artificiels : les engrais. Les engrais sont des substances riches en molécules minérales ou organiques, utilisées pour améliorer la fertilité des sols et la nutrition des plantes cultivées. Pour résoudre le problème lié à la diminution de matière organique ce sera des engrais riches en molécules organiques qui seront utilisés, comme le lisier ou le fumier. Mais l'utilisation de ces engrais ne compense pas la perte subite.


Un système complexe déréglé par l'agriculture






Aussi, un autre apport artificiel sous forme d'engrais est pratiqué dans l'agriculture intensive : les engrais minéraux. Le sol a une certaine réserve en éléments azote (N), en phosphore (P), en potassium (K) et en calcium (Ca). Ces éléments, sous forme de sels minéraux, constituent les réserves nutritives du sol. L'agriculture intensive, notamment avec l'exportation de la récolte, prélève une grande quantité de la matière minérale (cf. schéma). Cette perte de nutriments est aussi accentuée par la perte de l'humus due au labour qui grâce à sa capacité d'échange naturelle* et à sa décomposition lente délivre aux racines des plantes de l'azote, du phosphore et tous les éléments nutritifs indispensables à la croissance des végétaux. Cet appauvrissement en sels minéraux aura comme conséquence la perte de fertilité naturelle du sol. Sans une compensation de ces exportations, la productivité future sera très inférieure. C'est pourquoi l'agriculture intensive ne peut se passer des engrais de nature minérale, lesquels constituent la majeure partie des engrais utilisés aujourd'hui. Mais ces engrais sont le plus souvent apportés en quantités qui ne respectent pas les besoins réels des sols, en particulier pour l'azote et le phosphate. Nous pouvons observer ce fait sur le schéma où la quantité d'apports artificiels pour les différents éléments est inconnue. Les résultantes de cette overdose d'éléments nutritifs est la pollution du sol et donc une perturbation de l'état chimique de ce dernier. Comme autre conséquence nous pouvons aussi citer l'intoxication des plantes par des excès de sels minéraux. Cette intoxication mènera les plantes à émettre des signaux chimiques afin d'appeler des insectes ravageurs qui devront les éliminer afin qu'elles ne se reproduisent pas. Mais cette arrivée d'insectes mènera les agriculteurs à utiliser encore plus d'insecticides ce qui créera encore plus de dégâts.

Comme les sols sont biologiquement morts, on leur ajoute de plus en plus d’engrais chimiques ou organiques, ce qui ne contribue qu'à les affaiblir encore plus et à favoriser leur érosion. Malgré ça, les rendements sont en train de stagner en Europe et baissent en Afrique. On parle de « fatigue des sols ».

L'agriculture intensive surexploite les sols, les dégrade et les prive de leur vie intérieure de multiples façons. Dans la problématique actuelle que pose l'accroissement de la population, l'agriculture intensive ne peut plus être considérée comme une solution durable.

Une des alternatives serait l'agriculture écologiquement intensive. Ce nouveau mode de production suggère de se servir de l'écosystème pour en faire un facteur de production. L'idée est d'utiliser les services naturels de l'écosystème à la place des intrants de synthèse tel que l'engrais. Comme par exemple l'utilisation de la biodiversité pour assurer le contrôle des insectes ravageurs et ainsi réduire l'utilisation des insecticides.



Tiffany Issa et Inés Tchekemian, étudiantes en classe de première scientifique




Lexique (*):
Agriculture intensive: système de production agricole fondé sur un accroissement de la production optimisé par rapport à la disponibilité des facteurs de production.
Terres arables : les terres qui peuvent être labourées ou cultivées
Drainage de l'eau : l'opération qui consiste à favoriser artificiellement l'évacuation de l'eau
Porosité du sol : les espaces vides, ménagés entre les particules du sol, et occupés par de l'eau ou de l'air.
Humus : couche supérieure du sol créée et entretenue par la décomposition de la matière organique, principalement par l'action combinée des animaux, des bactéries et des champignons du sol. (cf. schéma "Structure du sol")
Erosion : processus de dégradation et de transformation du relief, et donc des roches, qui est causé par tout agent externe. (cf. photo "Effets de l'érosion des sols sur un sol cultivé en Europe")
Espèces ingénieurs : espèces qui par leur seule présence et activité modifient significativement à fortement leur environnement
Capacité d'échange naturelle : (ou capacité d’échange cationique) capacité de rétention des éléments nutritifs d'un sol donné.

Sources:
http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/Agroenvironnement/fertilisants/Pages/fertilitedessols.aspx
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fertilit%C3%A9_des_sols
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gression_et_d%C3%A9gradation_des_sols
http://www.mtaterre.fr/dossiers/les-sols-pourquoi-et-comment-les-proteger/les-sols-menaces-par-les-activites-humaines
http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=990
https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_intensive#Cons.C3.A9quences_environnementales
https://fr.wikipedia.org/wiki/Labour
https://fr.wikipedia.org/wiki/Engrais
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pesticide
https://fr.wikipedia.org/wiki/Humus
https://fr.wikipedia.org/wiki/Semelle_de_labour

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_intensive
http://www.chaire-aei.fr/fr/qu-est-ce-que-l-agriculture-ecologiquement-intensive---gc3.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Capacit%C3%A9_d%27%C3%A9change_cationique
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